Onze pays africains ont lancé un projet ambitieux de construction d’une barrière d’arbres de 7100 kilomètres, de Dakar à Djibouti, dans le but de freiner l’avancée du désert vers le Sud du Sahel. Depuis cent ans, le Sahara a en effet progressé vers le sud de 250 kilomètres.
Ce projet de « Grande Muraille verte » a été initié par l’Union africaine en 2005. Des scientifiques de l’IRD (Institut de recherche pour le développement) ont été mobilisés pour la sélection des techniques de revégétalisation les plus efficaces et les espèces d’arbres les plus adaptées.
La Mauritanie a inauguré le projet le 2 août 2010, en plantant 384 000 arbustes, comme l’affirme le ministre de l’Environnement mauritanien. Les arbres couvriront une surface de 726 hectares. Ils renforceront la ceinture verte de la capitale mauritanienne, Nouakchott, qui est menacée par l’avancée de la mer ainsi que l’ensablement. Les dunes de sable devraient être fixées sur le littoral par les arbustes.
L’alimentation de millions de personnes est en jeu
Pour les onze pays impliqués, la lutte contre l’avancée du désert est primordiale. Les nations concernées par le projet sont le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, Le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Soudan, l’Égypte, l’Éthiopie et Djibouti. Les changements climatiques ainsi que l’exploitation agricole ont causé des dégâts sur la zone forestière. Les sols ont été dégradés et ne permettent plus de nourrir le bétail. L’alimentation de la population locale semble également mise à mal. Dix millions de personnes souffrent de malnutrition au Sahel jusqu’à ce jour.
Un projet qui n’est pas encore fiable à 100 %
Des spécialistes pensent toutefois que la ceinture verte échouera dans une région où de nombreux conflits existent. La fondatrice kenyane du «Greenbelt movement» et prix Nobel de la Paix en 2004, Wangari Maathai rappelait toutefois l’an dernier lors du sommet de Copenhague combien il était important de protéger les forêts tropicales : «Il est extrêmement important de protéger les forêts africaines et de comprendre ce qu’il arrive lorsqu’un écosystème est détruit. La biodiversité que nous perdons en détruisant ces forêts est irremplaçable». Par ailleurs, un tiers des surfaces émergées de la planète sont menacées par la désertification, selon une étude de l’UNESCO.





